Sea Sex and Barracuda!
Comme l'illustre ce modeste dessin, c'est ancrés aux Tobago Cays, le nez pointant vers l'Est, horizon de notre point de départ, que nous avons célébré le premier anniversaire du périple de Raspoutine.
Mais il faut remonter un peu le temps puisque de Carriacou aux Tobago, il y eut non seulement quelques escales mais surtout pas moins de trois pêches spectaculaires! La première hélas ne nous permit pas de nous nourir, s'agissant apparemment d'une carangue "gros yeux" réputée toxique car porteuse de ciguatera. Aussitôt pêchée, aussitôt relâchée donc, le temps simplement de nous distraire avant d'aborder les rivages de Petit Saint Vincent, tout à côté de Petite Martinique.
Ilot privé, il n'y a sur Petit Saint Vincent qu'un hôtel grand luxe qui a pour mérite de n'avoir pas défiguré le paysage et d'offrir un hâvre de paix et de discrétion à quelques fortunés très fortunés... Après une nuit où, grâce à une ancre mouillée à notre arrière, nous nous épargnons le fort roulis régnant en ces lieux, nous passons entre les bancs de sable Punaise et Morpion et faisons route pour Union.
Et voici que cette navigation d'à peine 4 milles nautiques consacre pour de bon Bastien comme grand pêcheur; sa prise est noble, il s'agit du carnassier parfois redouté pour ses attaques contre l'homme : un barracuda.
Féroce prédateur, le barracuda n'est guère consommé dans les Petites Antilles là encore à cause de la ciguatera. Mais il est généralement admis que dans la partie méridionale de l'arc le risque est mineur. Forts de cette hypothèse, nous décidons d'en dresser les filets aussitôt arrivés à Union, ce qui ne fut pas une mince affaire, la bête mesurant 90cm et pesant environ 7kg.
Pour compenser ces excès, nous entreprenons le tour de l'île à pied avant de repartir pour une autre de ces navigations éreintantes : Union-Tobago Cays, 4,3 milles nautiques. Une distance idéale pour la pêche, spécifiquement du barracuda puisque Bastien remonte une fois encore un spécimen légèrement plus petit (85cm, 6kg). N'étant pas à ce moment-là environnés de "bateaux-copains", nous sommes contraints de faire honneur à nous deux à la bête et de mettre en conserve le surplus.
Pour cet "anniversaire", on n'aurait pas rêver mieux, en tout cas, que de se retrouver dans ce mouillage paradisiaque où chaque jour nous plongeons sur la barrière de corail du "Horseshoe Reef" pour y admirer raies-léopards, poissons-serpents, rougets-volants, fées-lorettes, chevaliers, poissons-anges, perroquet-feu-tricolore, papillons-pyjamas ou autre coffres-moutons...
Laissant derrière nous ce monde aux allures de conte de fée, nous rejoignons Bequia où la nouvelle de la naissance de Joan (futur mousse à bord avec son frêrot Noé), nous oblige à trinquer au ti-punch...
Il est temps pour nous de quitter les Grenadines et de rejoindre la Martinique. J'y reprendrai ma préparation des oraux du concours tandis que Bastien essaiera de trouver un embarquement de marine marchande.
Une dernière escale à Sainte-Lucie nous gratifie de notre plus beau barracuda à la fin d'une route de 70 milles nautiques : 1m pour 11kg... qui dit mieux??
On espère seulement ne pas pêcher, dans le canal de Sainte-Lucie à la Martinique, un poisson plus gros que Raspoutine...!