Les invasions barbares...
Alors que, dans d'autres points de la planète, certains endurent des cataclysmes
climatiques, des catastrophes nucléaires, des dictatures militaires et des scandales politiques, Raspoutine a dû quant à lui affronter un phénomène plus rare et insidieux : le passage de Marion et Guillaume!
Tout a changé en effet pour nous en ce fameux dimanche de Pâques lorsque, chargés de leurs lourdes munitions, nos deux voyageurs se sont installés à bord. Déjà contaminés par la langueur antillaise, nous avons dû, sous leur menace, dans une ambiance de terreur, utiliser une arme ultra-traumatisante : le réveil-matin...
Qu'il vente ou qu'il pleuve (et... il a plu), chaque jour était intimement lié à un plan d'attaque digne des guerres napoléoniennes. En fins stratèges, ils avaient tout prévu : afin d'endormir nos éventuels accès de rébellion, ils avaient chargé leurs valises de ce délicat breuvage français appelé "vin". Ainsi, le soir venu, ils nous ennivraient, n'hésitant pas à forcer les doses et à confectionner d'autres élixirs à base de canne à sucre, dans le seul but d'obtenir notre agréement pour le programme du lendemain...
En bref et pour notre plus grand plaisir, nous avons ensemble exploré la Martinique!
Basés à Grande Anse où Raspoutine s'est presque fiancé à une bien jolie tortue ne cessant de lui tourner autour, nous prenions tous les matins la route pour découvrir la campagne verdoyante (et... inondée!), la côte atlantique sauvage battue par les Alizés, la forêt tropicale du nord, la Montagne Pelée et le Carbet, en n'oubliant pas un arrêt culturel et éducatif à la rhumerie Clément.
Vint alors l'heure de naviguer afin de rallier l'île de Sainte-Lucie. Là encore, nos visiteurs déployèrent leur énergie à la barre et aux réglages des voiles, perdant sur le fil hélas une belle régate avec le Baiser du Cachalot.
Comme la Dominique, Sainte-Lucie est proche et pourtant bien différente des terres françaises et nos trois mouillages sur sa côte sous-le-vent furent d'autant plus paisibles que la haute saison est ici terminée. Le petit village de pêcheurs d'Anse LaRaye nous a bien dépaysés et convaincus de la bonhommie de ses habitants, nous fournissant de surcroît pour une misère de belles garoupas et langoustes.
Mais déjà ils fallait prendre le chemin du retour, arrivant juste à temps au mouillage du Marin pour que nos chers visiteurs attrapent leur avion, laissant Raspoutine tout vide!
Forts de l'activité de ces 15 jours, nous avons aussitôt entrepris de garnir notre caisse de bord, indispensable à la pérennité de notre balade sur l'eau. C'est ainsi qu'aujourd'hui, Camille, sur la plage, vend ses crêpes que l'on s'arrache comme des boudins créoles pendant que Bastien skippe un charter de 12 personnes sur un monstrueux 60 pieds aux Grenadines! A suivre...