Périple capverdien
Déjà plus de deux semaines se sont écoulées depuis l'arrivée de Raspoutine à Mindelo, sur l'île de Saõ Vicente. Le rythme de vie ici est tranquille, le temps n'a pas la même mesure et la "morna" capverdienne (incarnée notamment par Cesaria Evora) est une réalité qui dépasse le champs musical.
Nous avons découvert les gens, les enfants, les couleurs et la musique omniprésente, les musiques devrait-on dire, en déambulant dans les rues si vives de Mindelo, respirant les odeurs du marché à poissons, observant dubitativement des légumes étranges au marché municipal, goûtant à la cuisine locale et bien sûr aux boissons du pays...
Virginie (arrivée à bord en forme mais sans valise, rien n'est jamais simple, n'est-ce pas??) mais aussi Jacqueline et Michel (arrivés quelques jours après) pourront tous vous conter les saveurs et les différents procédés de fabrication des grogs, pontches et autres "estamperado" (prononcer "ichtampirotch"). Mindelo, c'est un bout de l'Afrique, les influences du Sénégal, la nonchalance africaine, mêlées à la fête et à la fièvre brésilienne (l'abondance des délicieuses caipirinhas en fait foi!). Encore n'avons-nous pas hélas l'occasion d'assister au carnaval de Mindelo, où apparemment se concentrent ces caractères chauds.
L'archipel comportant dix îles, nous n'allions tout de même pas manquer de visiter la plus proche de Saõ Vicente : Santo Antaõ. Notons de suite que les alizés (ou l'harmattan gorgé de sable) soufflant fort d'une part et les possibilités de mouillage "sûr" étant inexistantes, nous avons préféré laisser Raspoutine tranquille à Mindelo et rejoindre Santo Antaõ en ferry. Pour nos deux passages sur cette île montagneuse (culminant à 1979m contre 750m à Saõ Vicente), la première fois avec Virginie, la seconde tous ensemble, nous avons eu la chance d'une météo dégagée bien que très chaude, nous offrant lors de nos randonnées des paysages imposants par ses pics escarpés et ses vallées profondes.
Contrastant avec l'aridité sévère de Saõ Vicente, le versant nord de l'île est extrêmement verdoyant, riches de cultures tropicales de cannes à sucre, bananiers, caféiers, manguiers, arbres à pain, haricots, ignames, patates douces... De petites maisons aux toits de feuilles de cannes constituent l'habitation rurale où les gens, dans une simplicité absolue, vivent au milieu des cultures. Le travail agricole épuisant, les distances ahurissantes parcourues à pied par les enfants dans les vallées pour atteindre leur école ou par les porteurs pour descendre à la ville les régimes de bananes n'enlèvent pas le sourire du visage des capverdiens.
Mais après le tourisme et les si bons moments passés avec nos visiteurs (aussi bons randonneurs que leveurs de coude!), il nous faut maintenant penser à préparer Raspoutine pour la traversée qui l'attend d'autres lointaines contrées... Départ prévu aux alentours du 8 février!